Histoire du Clergé de la paroisse de Montoir

En 1739, Monsieur MOREAU dirigeait la paroisse et Monsieur TERRIEN en 1774.
En 1788, Monsieur René ÉON, vicaire de Vertou reçoit la charge de la cure de Montoir.
Monsieur ÉON est en poste à Montoir le 5 mai 1789 lorsque deux enfants du pays, Députés, nés au village du Pin et baptisés en l’église de Montoir, l’abbé Joseph MOYON ordonné prêtre en 1763, et Étienne CHAILLON Sénéchal de Saint-Nazaire, se rendent à Versailles pour l’ouverture des États-Généraux. (assemblée des députés des 3 ordres : Clergé,Noblesse,Tiers-état).

14 juillet 1789, c’est la prise de la Bastille. Effrayé de la tournure des évènements, Joseph MOYON donne sa démission de député le 26 août 1789 et rentre dans sa paroisse.
En décembre 1789, les provinces sont divisées en départements et le Diocèse de Nantes devient la Loire-Inférieure lui même divisé en neuf districts, eux même divisés en cantons dont Montoir, petit canton regroupant les communes de Montoir et Donges et la section de Saint-Joachim.
Le premier maire de Montoir est Monsieur Alexandre Clémenceau, capitaine retraité de la marine marchande.

12 juillet 1790, la constituante impose aux prêtres de prêter serment à la nation, au roi et à la loi, c’est la constitution civile du clergé, qui ne reconnaît pas le pouvoir du Pape. Impossible, en conscience, pour un prêtre de prêter ce serment. Certains le font cependant, on les appelle les prêtres « Jureurs », ceux qui refusent sont les « Réfractaires ».
A Montoir, le Curé René ÉON refuse de prêter serment, mais le vicaire Guillaume SAMBRON n’hésite pas à jurer et est élu greffier de la municipalité (secrétaire de mairie). Les autres prêtres résidant sur la commune de Montoir refusent le serment comme l’abbé Yves RICORDEL, né au village de Pinard et dirigeant l’école de la paroisse aidé de l’abbé Jean Marie RIALLAND.
L’affaire des serments exaspère la population et les anti-révolutionnaires comme Joseph de l’ESTOURBEILLON, seigneur de Bois-Joubert, de la Motte-Allemand et autres lieux qui en profite pour parcourir les rues de Montoir armé jusqu’au dents et critiquant les actes du gouvernement, en traitant le maire Alexandre CLEMENCEAU de « gueux » et de « coquin » qui avait mérité d’être pendu haut et court. La maire finira par le faire emprisonner au château de Nantes.
Réfractaire, le curé de Montoir René ÉON doit quitter la paroisse et s’exiler en Espagne jusqu’en 1803, accompagné par deux de ses vicaires l’abbé GÉRARD et l’abbé GAUDET chapelain de Saint-Malo.

Le 20 novembre 1791, Emmanuel OLLIVAUD devient maire de Montoir.

Le 22 janvier 1793, l’évêque MINIER de Nantes mandate le curé constitutionnel Pierre Michel JAILLOT pour desservir la paroisse de Montoir. Il est ostensiblement ignoré par les paroissiens (Sur 6000 âmes, la paroisse ne compte que 30 vrais citoyens) qui se tournent toujours vers les curés réfractaires comme le curé ROUAUD pourchassés par les bleus, et qui exerce de Montoir au Croisic et à la Roche-Bernard, jusqu’au 17 juillet 1795 ou il est arrêté à Avrillac commune de St-André des Eaux. Il reviendra le 1er décembre 1796.
9 décembre 1793, Alexandre CLEMENCEAU redevient maire de Montoir, jusqu’à sa démission le 19 octobre 1795.
8 novembre 1795, Gilles DAVY devient président de l’assemblée municipale de Montoir.
16 mars 1797, Gilles DAVY démissionne, Charles LAMBERT prend sa place.
22 septembre 1797, Aubin CHELET est président et le 15 novembre SAMBRON démissionne.
16 octobre 1798, Étienne MOYON devient président jusqu’en mars 1799 date à laquelle il est remplacé par Julien GOURHAND.
Le 15 août 1801 Bonaparte et le Pape Pie VII signent le Concordat qui rétablit ainsi la paix religieuse en France.

En 1803, Montoir retrouve son curé René ÉON qui restera pendant douze ans dans la paroisse, jusqu’en 1815. L’abbé GÉRARD revient lui aussi, mais très affaibli il meurt peu de temps après à la Haye Fouassière sa paroisse natale.Montoir est chef-lieu de perception et il s’y trouve une brigade de gendarmerie à pied. L’instruction est donné par des gens de bonne volonté comme le père LOISEAU, ancien soldat de Napoléon.
En 1815, année de départ de René ÉON, le curé est Monsieur SéROT, il restera curé de Montoir jusqu’en 1864.
En 1864, Pierre HERY prend la suite jusqu’en 1885 date à laquelle il décède à la cure de Montoir. C’est sous son pastorat, en 1873, que l’église est reconstruite.


En 1885, Monsieur CRETON arrive à Montoir, il restera jusqu’en 1891. Son passage à Montoir à laissé un souvenir durable : l’école Saint-Étienne, car c’est lui qui a acheté un terrain dans les prairies en bordure de la route de Revin (à l’époque route neuve, aujourd’hui rue Victor Hugo) et a fait construire le magnifique bâtiment que nous pouvons voir encore aujourd’hui. Il y ouvrit d’abord une école maternelle (un asile) et quand les sœurs furent chassées de l’ancienne école, c’est là qu’elles se réfugièrent et qu’elles sont restées toujours en costume religieux sous l’œil bienveillant de la municipalité.

Vient ensuite Monsieur CORBINEAU de 1891 à 1912. Le curé CORBINEAU était intransigeant sur les principes et il préféra quitter son presbytère plutôt que de devenir le locataire de la commune. Il fit bâtir la cure route de Saint-Malo et c’est ainsi que Montoir fut doté d’une Mairie (actuellement musée de la marine en bois) plus convenable que l’ancien local municipal.
Monsieur l’abbé Théodore JAMONEAU, vicaire à Montoir de 1906 à 1910, fut le premier directeur du patronage Saint-Étienne, remplacé en 1910 par l'abbé Pierre-Marie LEMARIE, deuxième directeur du patronage et fondateur de la société de gymnastique La Stéphanoise.
L’Abbé Eugène HERVOUET arrive aussi à Montoir en 1910, le 17 décembre. il y restera 11 ans, et sera nommé vicaire à Ancenis le 23 octobre 1921. Il sera remplacé par l’Abbé ELIES vicaire temporaire à Montoir pendant la guerre de octobre 1915 à mai 1917.
En 1911, Le curé CORBINEAU (le chef), l'abbé LEMARIE et l'abbé HERVOUET vivent à la cure de Montoir, route de St-Malo, avec leur "bonne" Anne Guillou. On peut les voir tous les trois sur une photo de l'époque entourés de la première promotion de gymnastes.(voir la photo).

En  1912, le Chanoine RICORDEL, en installant Monsieur HILLEREAU, sucesseur du curé CORBINEAU, à la tête de la paroisse de Montoir, caractérisa ainsi ses prédécesseurs : l »’austère et énergique SéROT, le bon HERY, le très intelligent CRETON, le grave et modeste CORBINEAU ».

L’Abbé BAUDOT arrive à Montoir en avril 1919, il y restera 4 ans et 8 mois, et il sera nommé vicaire à Legé en décembre 1923. Il est particulièrement regretté par les jeunes gens du patronage et de « La Stéphanoise » auxquels il avait donné tout son cœur. Arrivant à Montoir au lendemain de la guerre, il trouva un Patronage désorganisé et entreprit de le remettre sur pied et se donna tout entier à cette œuvre. Ses efforts furent couronnés de succès. « La Stéphanoise » connut à nouveau les beaux jours d’autrefois et les magnifiques résultats des concours prouvèrent que notre Société de Gymnastique était l’une des meilleures du diocèse. (extrait Petit Messager)

Avec l’Abbé BAUDOT c’est aussi le début du Football à « La Stéphanoise ». En octobre 1921, il obtient l’affiliation de « La Stéphanoise » à la L.O.F.A (Ligue de l’Ouest du Football Associatif) sous-district de Redon-St.Nazaire et en devient le correspondant.

En 1921, le curé Léon HILLEREAU né en 1863 à Chevrolière, sa mère Jeanne né en 1837, l’abbé Eugène HERVOUET né en 1880 à Montbert, et l’abbé Alphonse BAUDOT né en 1884 à Rezé, vivent à la cure de Montoir. (Recensement 1921)